• En 2001, je vous proposais un article en deux parties intitulé "les zones de confiance". Ce que je décris dans cet article se fait maintenant sentir de plus en plus fortement, notamment à cause de toutes les formes de spam. L'Internet des spammeurs anonymes n'est pas mon Internet, et les avantages de l'anonymat pour quelques-uns commence a peser lourd sur la liberté de tous les autres. E-commerce, messagerie, outils collaboratifs, l'Internet ouvert qu'on me propose m'est de plus en plus utile pour me distraire, et de moins en moins pratique pour travailler. Dans l'idée, il s'agirait donc de créer des zones de travail délimitées sur Internet. Une zone semi-fermée qui me permettrait de travailler et de communiquer avec des interlocuteurs (sociétés ou individus) parfaitement identifiés et qualifiés correspondrait parfaitement a mes besoins du moment. Je partagerais volontiers une espèce d'extranet avec vous, je serais prêt a montrer patte blanche, et a mon avis, je ne suis pas tout seul dans ce cas.
  • Les données personnelles et plus généralement l'identité numérique sont maintenant au coeur de notre utilisation du Web. C'est là que se sont produites et que vont se produire les innovations majeures. C'est là qu'auront lieu les détournements les plus graves. C'est là que vont se reconstruire toutes les règles de la propriété intellectuelle. C'est finalement ce sujet qui va impliquer la mise en place de systèmes ou tout au moins de cadres juridiques transnationaux. Donner de soi dans le cadre des outils collaboratifs ou du Web 2.0, c'est bien, mais garder la maîtrise de son identité juridique, de ses traces et de sa propriété intellectuelle, c'est également très important.
  • En ce qui concerne la qualité Web, la conformité et les standards, je ressens de nouveau ce que je ressentais en 2000, à savoir que ce sont des sujets qui sont en train de passer au second plan. De très nombreux collègues s'en détournent au profit de la course aux nouveaux services. Certes, conformité et qualité sont maintenant connus de très nombreux créateurs de sites. Mais pour beaucoup de défenseurs des standards, le sujet ne semble plus valoir la peine qu'on le défende. Est-ce parce que la thématique n'est plus vraiment d'avant-garde ? Je le pense et je le déplore. Il reste tellement a faire, pourtant.
  • Ce qui arrive du point de vue de la qualité Web et de la conformité ne va heureusement pas se produire du point de vue de l'accessibilité. Cela est-il du a une soudaine prise de conscience éthique des créateurs de sites? Que nenni. Pour les sites publics, c'est bien l'obligation légale qui nous permet de sensibiliser et de maintenir la pression. Pour les sites privés, dans le même ordre d'idée, c'est la perspective de risques juridiques et d'image et d'éventuels retours sur investissements qui nous servent de levier. Ces mêmes leviers sont finalement les dernières digues qui tiennent devant le raz-de-marée Web 2.0. Il ne faut pas oublier que sans une certaine vigilance, les digues pourraient encore céder.

Alors, au vu de toutes ces observations, qu'allons nous faire en 2007 ? Continuer à travailler sur l'accessibilité, consolider les solutions que nous proposons pour améliorer la qualité Web, et continuer a évangéliser sur le respect des standards. Qui sait, la consolidation et l'industrialisation que nous appelons de nos voeux ne sont peut-être pas incompatibles avec la nouvelle phase d'innovation que nous vivons actuellement. C'est pour le moins tout ce que je souhaite aux services en ligne et à leurs créateurs en 2007.